Créer une cloison séparative en placo : diviser une pièce efficacement

Diviser une pièce avec le placo
Une cloison séparative en placoplâtre divise un espace en deux pièces distinctes, avec une isolation phonique de 34 à 50 dB selon la configuration choisie. Le chantier prend une journée pour un bricoleur équipé, avec un budget matériaux de 20 à 40 euros/m² (ossature + plaques + isolant).
Contrairement à un mur maçonné, une cloison en placo se démonte sans dégâts si vos besoins changent. Transformer un T2 en T3 ou créer un bureau fermé : ce type de travaux augmente la valeur du bien de 10 à 20 % en zone tendue.
Concevoir sa cloison
Définir l’emplacement
Avant de poser le premier rail, posez-vous les bonnes questions :
- Où passe la cloison ? Tracez-la sur un plan en vérifiant que chaque espace conserve un accès à la lumière naturelle et à la ventilation
- Faut-il une porte ? Si oui, prévoyez la largeur du passage (83 cm standard, 93 cm pour un accès PMR)
- Quelles performances acoustiques ? Une simple cloison ou une cloison haute performance phonique
- Des passages de gaines ? Électricité, interrupteurs, prises — à anticiper dès la conception
Choisir le type d’ossature
| Configuration | Ossature | Épaisseur finie | Affaiblissement acoustique |
|---|---|---|---|
| Simple, cloison légère | M48 + 1 BA13/face | 73 mm | ~34 dB |
| Standard, bon compromis | M48 + LM45 + 1 BA13/face | 73 mm | ~40 dB |
| Renforcée | M70 + LM60 + 1 BA13/face | 98 mm | ~44 dB |
| Haute performance | M70 + LM60 + 2 BA13/face | 124 mm | ~50 dB |
Pour une séparation entre deux chambres, visez au minimum 40 dB d’affaiblissement acoustique. Pour un home cinéma ou un studio, montez à 50 dB ou plus avec un double parement.
Monter l’ossature
Traçage au sol et au plafond
Le traçage conditionne tout le reste. Utilisez un niveau laser pour reporter l’implantation au plafond depuis le tracé au sol. Vérifiez la verticalité et l’alignement en plusieurs points avant de percer. La technique est identique à celle décrite dans notre guide de pose du placo.
Fixations :
- Sol béton : chevilles à frapper tous les 60 cm
- Plancher bois : vis à bois dans les solives
- Plafond béton : chevilles métalliques à expansion
- Plafond placo : fixation dans les solives ou les rails existants (jamais dans le placo seul)
Poser les montants
Insérez les montants dans les rails en respectant l’entraxe de 60 cm. Emboîtez-les par simple clipsage — inutile de les visser aux rails en cloison standard.
Pour les angles et les jonctions en T avec un mur existant, utilisez un montant plaqué contre le mur, fixé par chevillage. Ce montant d’about assure la rigidité de la jonction.
Intégrer une porte
L’intégration d’une porte nécessite un renforcement spécifique de l’ossature au niveau du passage.
Renforcer les montants
Les montants encadrant la porte doivent être renforcés pour supporter le poids du bloc-porte. Deux solutions :
- Montants doublés : emboîtez deux montants l’un dans l’autre, dos à dos
- Traverses bois : insérez des tasseaux de bois dans les montants métalliques
Poser la traverse
La traverse horizontale se positionne à la hauteur du bloc-porte + 1 cm de jeu. Elle relie les deux montants renforcés et supporte le poids du linteau en placo au-dessus.
Conseil : Pour une porte standard de 204 cm, placez la traverse à 205 cm du sol fini. Vérifiez l’horizontalité au niveau à bulle — une traverse de travers se voit immédiatement une fois la porte posée.
Isoler acoustiquement
L’isolation phonique d’une cloison séparative dépend de trois facteurs : la masse des parements, la désolidarisation mécanique et le remplissage absorbant.
Le remplissage
Insérez un matelas de laine minérale (laine de verre ou laine de roche) dans l’ossature. La laine doit remplir tout le volume disponible sans être comprimée. Un matelas de 45 mm dans un montant M48 est le minimum. Pour une performance supérieure, passez en montant M70 avec un matelas de 60 mm. Le choix du type de plaque — standard ou phonique — impacte directement le résultat acoustique.
La désolidarisation
Les vibrations se transmettent par les structures rigides. Pour limiter cette transmission :
- Collez des bandes résilientes sous les rails de sol et de plafond
- Évitez de visser les montants aux rails (clipsage uniquement)
- Ne faites pas coïncider les vis des deux parements au même endroit sur le montant
Le double parement
Passer de un à deux BA13 par face est le levier le plus efficace. Le gain acoustique est de 5 à 8 dB — une différence clairement perceptible à l’oreille. Décalez les joints des deux épaisseurs pour éviter les ponts acoustiques.
Poser les plaques et faire les joints
Fixez les plaques en commençant par une face complète, puis l’isolation, puis la seconde face. Respectez les règles de vissage classiques : vis tous les 30 cm en périphérie, 1 cm du sol, embout débrayant.
Les joints se réalisent de manière identique à toute cloison en placo : enduit + bande + enduit de finition. Soignez particulièrement les angles et les jonctions avec les murs existants — un joint de mastic acrylique en périphérie garantit à la fois la finition visuelle et l’étanchéité à l’air.
Les erreurs qui ruinent l’isolation phonique
- Oublier les bandes résilientes : les vibrations passent directement du sol à l’ossature, puis aux plaques
- Laisser des vides dans l’isolant : le son passe par le chemin le plus court, même une petite ouverture dégrade les performances
- Passer des gaines d’un côté à l’autre : chaque percement crée un pont acoustique — faites cheminer les gaines du même côté si possible
- Poser les prises dos à dos : décalez-les d’au moins 60 cm latéralement pour éviter un point faible acoustique
De la cloison brute au mur fini
Votre cloison est debout et isolée. Reste la finition : enduit de lissage sur l’ensemble des joints et des plaques, ponçage sous lumière rasante, puis mise en peinture. Anticipez les passages de portes, choisissez la bonne épaisseur d’ossature et ne lésinez jamais sur l’isolation phonique. Un mur silencieux vaut bien quelques centimètres d’épaisseur supplémentaires.